Déménagement Voltaire : La lutte des places

Dans le cadre du déménagement du siège, le  CSE a fait appel à un expert pour l’aider à donner son avis. En voici, un résumé :

Objectif du projet :

La Direction présente un projet de nouveau siège social supposé réunir les équipes en un même lieu.

Finalement, les équipes ont été scindées en deux sites :

  • Les équipes de WORLDLINE ainsi qu’une partie des équipes de Ingenico devraient s’installer à La Défense au sein de la tour Voltaire
  • Tandis que l’équipe d’Ingenico «B&A/TSS» déménage au sein du bâtiment Horizon Défense à Suresnes

Un taux de Flex Office à 0.6 n’améliorera pas non plus la rencontre des salariés des différentes entités et ne facilitera pas l’avènement d’une « ONE » culture d’entreprise

Taux de flex office à 0.6 :

La direction a effectué le recueil des besoins auprès des responsable de services selon 4 profils type : nomade (commerciaux), concentré (développeur) , collaboratif (passe beaucoup de temps en réunion) , facilitateur  (mixte collaboratif et concentré).

Elle aurait ensuite appliquée un taux de télétravail sur chacun de ces profils pour arriver au taux de flex office de 0.6 et un nombre de postes de travail.

La direction n’a pas réussi à nous expliquer le détail de ce calcul. Les besoins des salariés ne semblent pas avoir été pris en compte. Les besoins en locaux CSE et syndicaux ont été largement revus à la baisse.

Au vu de ce taux (déjà calculé par les financiers au début du projet ? ), les salariés de Paris vont être contraints de télétravail.

Légalement, le télétravail doit être à l’initiative des salariés. Il ne peut légalement être imposé par l’employeur sans cas de force majeure.

Obligations légales non respectées :

  • manque de sanitaires au vu de l’occupation des locaux
  • Des WC qui communiquent directement sur les espaces de travail. D’après la direction, des travaux de cloisonnement seraient effectués
  • Pas de volonté de respecter la norme AFNOR en matière de largeur de passage

En écartant les espaces collaboratifs ouverts (jolie mobilier : petit canapé,.. ;))  source de nuisance sonore qui ne sont presque jamais utilisés par respect des collègues, l’expert a montré que certains aspects réglementaires et légaux n’étaient pas respectés   :

  • renouvellement d’air : La capacité réglementaire est dépassée. D’après la direction, il y aurait une modification du réseau d’air
  • sécurité incendie : capacité d’accueil dépassé sur certains étages. La direction devrait en conséquence limiter le nombre de sièges par étages. Elle ne souhaite pas simplement augmentation des surfaces ou mettre en place un compteur d’entrée/ sortie.

En voulant faire des économie sur les loyers, la direction prend ses responsabilités et joue avec la santé et l’intégrité physique des salariés. Elle avait fait le pari , comme elle le fait sur le taux de flex office à 0.6, que dans le meilleur des mondes ( accueil sur les plateaux un nombre de collaborateurs correspondant au nombre de postes de travail, capacité d’accueil de la terrasse non dépassée,…), tout va pour le mieux et elle respecte les règles

Un manque de prévention primaire* et un télétravail générateur de risques psychosociaux :

  • Sédentarisation (moins d’activité physique)
  • Intensification du travail sur écran et risque de fatigue oculaire et  mentale
  • travail sur du matériel professionnel adapté : Déclaration de douleurs lombaires, cervicales, oculaires et maux de tête
  • Risques d’accident du travail
  • Isolement ;
  • Difficultés d’intégration pour les nouveaux arrivants
  • Travail limité à des tâches prescrites
  • allongement de la durée du travail
  • Connexions internet non stables entraînant du stress, de l’énervement, prises de retard et d’efficacité dans le travail
  • Disparition de la frontière vie professionnelle/ vie personnelle.

Légalement, la direction est responsable de la santé des salariés quelque soit le lieu de travail et prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Ainsi, un salarié télétravaillant dans de mauvaises conditions ( pas de bureau, branchements électriques chaotiques ..) ne devrait pas être obligé de le faire. Tous les risques identifiées doivent faire l’objet de mesures préventions financées par l’employeur. N’en déplaise aux financiers qui effectue des économies de plus de 7 millions d’euros par an avec ce déménagement, la santé a un coût mais elle n’a pas de prix.

 

Des risques liés au Flex office

  • perte de lien social
  • Concurrence entre les salariés sur les jours de présence / jours en télétravail
  • Lutte des places
  • Perte de repères : le travail ne se limite pas à un contrat de travail mais aussi à un bureau propre équipé d’un caisson
  • Difficulté pour les managers à motiver leurs équipes à distance ou partiellement en présentiel
  • Perte du lien avec le manager
  • Stress lié à la réservation des places
  • Difficulté à garantir la confidentialité de certaines informations
  • Qualité empêchée : plus de possibilité de rencontrer des interlocuteurs clés (pairs, collègues, partenaires internes…).

 

Un contexte de fusion des équipes, générateur de risques psychosociaux (RPS):

Toute fusion est génératrice de RPS, avec des niveaux d’incidences plus ou moins forts selon les entreprises, les Directions/services, et la manière dont ce processus sera traité et accompagné

Les mesures d’accompagnement prévues par le projet semblent insuffisantes dans un contexte de rachat récent des équipes Ingenico

La lutte des places de parking :

Le nombre de place de parking est insuffisant :

  • 48 emplacements voitures sont affectées à Worldline sous l’immeuble Voltaire prévue d’être équipée en prise électrique. Pour qui ? Pour les voitures de fonction des hauts GCM ?
  • Un complément d’emplacement de 150 places pris sur le parking des «4Temps» avec une souplesse de pouvoir en prendre plus si elles sont toutes utilisées.
  • 9 emplacements Motos/Scooters;
  • Un parking au 2ème SousSol permettrait d’accueillir entre 50 et 140 vélos avec douches accessibles
Pour la CGT,
  • La direction a conduit ce projet de déménagement à partir de ses besoins financiers et pas à partir des besoins des salariés
  • Les économies réalisées ne doivent pas être réalisées par la dégradation des conditions de travail des salariés du futur siège. La direction en imposant indirectement le télétravail aux salariés de Paris doit utiliser ces économies pour améliorer les conditions de travail de l’ensemble des télétravailleurs.
  • La direction ne doit pas jouer avec la santé des salariés. La direction prend ses responsabilités face à ces manquements vis à vis de ses obligations en matière de santé et de sécurité des salariés
  • Les salariés ne doivent pas subir de surcoûts liés à ce déménagement, à la mise en place du Flex Office et à l’intensification du Télétravail :
    • Augmentation de la prise en charge des surcoût électricité, chauffage et alimentation
    • Augmentation de la part employeur pour la restauration dans la tour
    • Tickets restaurant pour que les salariés puissent profiter de l’esplanade de la Défense
    • Augmentation de la prise en charge pour l’achat de matériel
    • Réduction du délai de renouvellement pour l’achat de matériel
    • Achats / renouvellements de matériel remboursés en plusieurs fois
    • lits en crèche
    • ……

Un peu de lecture :

https://www.lecho.be/economie-politique/belgique/general/travailleur-nomade-travailleur-malade/10139374.html

*Rappel des principes généraux de prévention( article L4121-2 du Code du travail):
1. Éviter les risques;
2. Évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités;
3. Combattre les risques à la source;
4. Adapter le travail à l’homme ( et pas l’inverse ) ,en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail, ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé;
5. Tenir compte de l’état d’évolution de la technique;
6. Remplacer ce qui est dangereux parce qu n’est pas dangereux ou par ce qui est moins dangereux;
7. Planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l’influence des facteurs ambiants, notamment les risques liés au harcèlement moral et au harcèlement sexuel, tels qu’ils sont définis aux articles L.1152-1 et L.1153-1, ainsi que ceux liés aux agissements sexistes définis à l’article L.1142-2-1;
8. Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle;
9. Donner les instructions appropriées aux travailleurs.

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